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Paintbrush & Needle | ft Alastair

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Ungoliant
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Dim 4 Juin - 4:20
Là-haut, les coyotes font rage.  Ses chiffres étaient impeccables mais ne reflétaient pas la réalité que le marchand désirait.  Les chiffres ne correspondaient pas à ses rêves, trop bas, pas ce qu’il avait prévu.  Un jeune qui s’était barré avec une consommation, ou bien un paquet qui s’était perdu en chemin.  Ce n’était pas le problème de la trésorière, mais le dealer en rage avait besoin d’une cible sur qui crier.  Cependant, on n’hurlait pas sur Ungoliant sans conséquence.  Il fut surpris que ses mots agressifs se répercutent sur son visage, que la femme lui réponde et jette son cahier de comptabilité.  La querelle se conclut et c’est encore elle l’hystérique.  

Il devra se débrouiller seul, du moins, un moment.  Ungoliant range quelques vêtements et accessoires dans un coffre, aidée d’une poupée qui pliait les tissus de manière mécanique.  Doucement, la femme emballait l’esquisse d’une nouvelle création.  La porcelaine, blanche, était immaculée.  Les pièces détachées de son corps s’emboitaient au travers diverses précautions pour éviter qu’elles s'abîment, posées auprès plusieurs tissus colorés.  Un soupir, et elle sangle ses choses avant de laisser l’un de ses enfants se charger de les transpoter.  Après tout, les femmes ne portent pas d’objet lourd.  

Nycht est un endroit magnifique, inspirant, mais surtout, frais.  Ungoliant pouvait se permettre de retirer les foulards de sa tête sans risquer une insolation.  Les souterrains possèdent une ambiance différente, déconcertantes.  La femme n’y voit rien pendant de nombreuses minutes avant que ses yeux ne s’habituent à la noirceur.  Elle sera difficile de travailler à la lueur d’une si faible lumière, mais Ungoliant entrait à Nycht préparée à surpasser ces contretemps.  

La poupée suit sa maitresse jusqu’à la demeure du petit Alastair.  Elle toque un coup puis entre sans vraiment trop demander.  Ungoliant décide, elle s’impose.  Après tout, il ne la laisserait pas dormir dehors -a-t-il le choix ?- et il serait difficile de la sortir maintenant que ses pieds traversent le pas de la porte.  La poupée, vêtue à la garçonne mais pas dépourvue de dentelle, pose au sol les valises de la femme qu’elle accompagne.  

“Je suis arrivée” que tonne sa voix suffisamment forte pour qu’Alastair l’entende et ce, même caché dans sa bibliothèque magique.  

Patiente, elle se retourne et regarde sa création, pas plus grande que ses épaules.  Soucieuse, elle replace le petit chapeau de feutre qui orne sa tête.  







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Alastair
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Dim 4 Juin - 5:44






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Doucement, tu traverses les différentes rues de la ville que tu connaissais par coeur. Tu relevais chacun des détails avec facilité, puis tu soupires car tu sais très bien que tu ne trouveras rien de nouveau par ici, que ce pavé là sera éternellement cassé, que Viorica, la fleuriste qui te dis bonjour dès qu’elle te croise aura toujours le même sourire, alors tu continues ta route, comme d’habitude, parce que de temps en temps tu aimes bien faire ça. Au détour d’une rue, tu entends les cris de joies d’un groupe d’ami un peu éméché. Tu regardes ta montre et tu remarques qu’il n’est que quinze heure et parce que ça te met de mauvaise humeur, tu leur lance un regard qu’ils ne remarqueront jamais.

Quelque part, tout ça te fascine. Les gens, les fêtes éternelles. Tu observes, toujours, parce que tu n’as que ça à faire, qu’ici, tu ne connais pas grand monde et parce que tu n’es pas d’un naturel très bavard. Tu griffonnes deux trois trucs sur ton carnet sous le regard d’une vieille un peu trop acariâtre à ton goût mais tu t’en moques, tu es habitué. Tu finis par lever la tête, la regarder à ton tour et dès que vos regards se croisent, elle comprends que tu l’observais toi aussi. Elle s'embarrasse, tapote sa robe pour en retirer les plis alors que tu n’es déjà plus là. Plus tard, elle parlerait d’un jeune blond effarouché à ses amies et tu ne le sauras jamais.

Tu rentres chez toi, sans trop trop savoir quoi faire d’autre, ça fait déjà plus d’un millénaire que tu vis après tout. Tu vas dans ta chambre et tu ouvres la porte, ta porte. Tu rentres dans ton espace à toi et enfin tu souris. Un sourire léger, tout doux. Parce que tu aimes cet endroit. Tu vas directement vers ton fauteuil et tu ouvres ton carnet. Tu regardes certains des tes croquis, tu arraches quelques pages et tu commences à gribouiller une idée ou deux.

Tu entends toquer une fois, puis ta porte d’entrée s’ouvrir pendant tu fermes ton carnet. Tu attends quelques minutes, sans rien faire. Tu entends alors les bruits de pas, la valise se poser lourdement sur le sol et le bois craquer sous le poids de celle-ci. Tu entends la voix de celle qui s’est invitée résonner chez toi, donc tu poses ton carnet et tu remontes.

Une fois dans le salon, tu la regardes lourdement, sans rien dire, car tu n’aimes pas quand elle fait ça, quand elle s’invite sans prévenir. C’était chez toi, ton endroit, tes moments. Une minute, puis deux. Tu finis par lui indiquer la chambre d’ami pour déposer ses affaires même si tu sais très bien qu’elle connait le chemin. Quand ton bras rejoint ton torses, après avoir pointé la direction en question, tu croises les bras.

- Ungoliant.

Tu ne prononces que son nom par soucis d’économiser ta salive et parce que tu parles peu. Mais tu sais très bien que la conversation ne s’arrêterait pas là. Donc tu respires un bon coup et tu reprends.

- Qu’est-ce qui t’amènes ici aujourd’hui ?

Tu lui demandes ça par politesse, car au final tu t’en moques un peu. Au final, elle resterait chez toi et tu ne dirais rien, comme à chaque fois. Tu la laisses dans l’entrée - tu sais qu’elle a déjà ses habitudes ici. Tu fais infuser du thé par politesse et parce qu’il fait frais dehors. Tu sors tes tasses et tu lui apportes. Parce qu’elle s’est invitée, tu ne la sers pas et tu t’appuies contre le mur le plus proche.



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Ungoliant
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Dim 4 Juin - 22:03
“Alastair.” Lui répondit-elle sur un ton similaire, ponctué d’un accent venu d’un autre temps.  

Il n’aime pas lorsqu’elle arrive à l’imprévu mais, maintenant, il est trop tard, elle est là.  Les tissus de la grande poupée qui reprend les bagages de la trésorière remplissent les secondes de silence lorsqu’elle marche mécaniquement vers la chambre des invités.  Il est froissé, un peu, mais ça passera.  Maintenant, c’est aussi son chez elle.  Pour une période éphémère, heureusement.  

“Un meurtre.” Elle arque ses lèvres fine, un air amusée.  Ses sourires ne sont pas doux ni mielleux.  Ils sont pour elle, surtout.  Comme tout. “Ou du moins, l’absence de celui-ci.”

À Thyos, quelqu’un avait fait un mauvais pas de trop, une parole de travers qui suscitait les envies fatales d’Ungoliant.  Quand elle se trouve à Nycht, au sein de la demeure d’Alastair, néanmoins, elle ne parlait pas de la drogue qu’elle pesait, des armes qu’elle comptait.  Ici, il s’agit d’un lieu d’artiste.  Un endroit pour créer, aérer son esprit.  Il ne sait peut être pas à quel point elle aime cet petite maison dont l’architecture lui rappelle un peu celle de son vivant.  Avant l’enfermement.  

“Je vais au bout du lac.” Pour toucher les pierres qui ornent le ciel.  Pour qu’un peu de leur éclat se transmette dans l’une de ses poupées.  Une jolie petite fille inspirée des plus belles étoiles de Quorl.  

Distraitement, elle replace la jupe ample qui dissimule ses jambes, traîtresse de l’époque d’où elle est issue.  Alastair possède ces quelques secondes pour penser, analyser.  Ungoliant prend une grande inspiration, avale l’air frais et dépourvu de particule de sable de Nycht.  

“C’est magnifique, dehors.” Murmure-t-elle, même s’il sait déjà.  Les lucioles qui glissent sur le lac, les aurores minérales.  Ungoliant ne comprend pas comment l’on peut demeurer cloîtré dans un sous-sol.  Elle lève la main, lentement mais avec un accent théâtral, ses doigts qui ondulent au rythme de ses mots. “Un tableau remarquable qui n’attend que son artiste.”

Et à côté, les coyotes sont une bande de fot-en-cul.  







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Alastair
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Jeu 8 Juin - 21:23






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Tu laisses ton regard couler sur ce qui t’entoure. Le tableau, au dessus du bar. Les pinceaux par terre. Les poupées d’Ungoliant. Ungoliant elle même. Tu n’aimes pas vraiment la voir s’imposer chez toi comme ça, mais au final sa présence ne te dérange pas autant que tu voudrais le faire croire. Tu sirotes ton thé. Tu attends. Tu glisses un peu, alors tu te redresses.

- Je vais au bout du lac.

Alors tu repenses un peu à tout. A cette matinée que tu as passé à flâner dans les rues de Vathys. Aux gens qui t’ont salués par habitude. A ce lac qui reflète les étoiles tel un miroir. Au fait que tu n’y es jamais allé, jamais jusqu’au bout. Tu n’as jamais pris la peine de le faire. Tu as le temps après tout. Tu l’avais.

Tu poses ta tasse pas très loin de toi afin d’être plus à l’aise. Tu la regardes replacer sa jupe dans un mouvement qui t’es désormais familier. Tu gardes le silence, encore. Tu attends la suite. Tu attends qu’elle pose à son tour ses yeux sur toi, qu’elle ouvre la bouche pour laisser ses pensées t’atteindre.

- “C’est magnifique, dehors.”

Tu le sais bien.

- Un tableau remarquable qui n’attend que son artiste.”


Tu souris devant cette tentative de t’attirer dehors. Tu te décolles du mur pour te rapprocher de la porte principale, celle par laquelle Ungoliant vient de rentrer. Tu poses ta main sur la poignée, l’abaisse, ouvres la porte. Tu laisses l’air frais de Nycht pénétrer la pièce en un doux courant d’air. A nouveau, tu lui indiques la porte d’un simple geste avant de sortir le premier. Sans même savoir si elle te suit ou pas.

A droite de chez toi, il y a cette petite cabane dans laquelle tu ne vas jamais, celle où tu aurais rangé ta barque si seulement tu en avais une. Celle où, cependant, se trouvent des rames que tu utilises que très rarement. Tu les prends avec toi, avec le peu de force que tu possèdes pour les laisser retomber juste après. Ce n’est que la première partie du travail.

Tu retournes à l’intérieur pour chercher feuilles et pinceaux et tu t'attelles à ta tâche. Tu commences par peindre le fond, solide, assez souple pour flotter. Puis les côtés, assez haut pour qu’aucun de vous deux ne finisse par chavirer. Tu dessins de grands coussins sur les bancs de nage pour votre confort mutuel. Tu te passes des cales-pieds. Tu dessines, discrètement, un chardon sur le capian, simple rappel de tes origines. Tu rends les tolets plus discrets que sur une barque ordinaire, et tout ça te prends bien plus de temps que tu ne le voulais. Tu souffles. Tu finis par le plus important. La chambre. Le timon. Le safran.

Une fois satisfait, tu observes ton oeuvre dans sa totalité et notes les dimensions dans un coin de la page. Tu ne veux d’une simple barque miniature. Il te faut quelque chose de solide, d’assez grand pour vous. Tu respires un bon coup avant d’intimer à ton dessin de prendre vie. De devenir réel. Alors petit à petit, comme tu le voulais, tu vois la barque quitter son support pour dominer la réalité par sa simple existence. Satisfait, tu attends.




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Ungoliant
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Mar 13 Juin - 3:02
Alastair ne parle pas beaucoup.  Il est calme, réfléchi, tout le contraire des brigants de Thyos.  Ungoliant ignore si elle aime ce mystère ou pas, mais c’est un artiste.  Il créée, tout comme elle.  Ne juge pas, ou peu.  Et jamais elle n’eut envie de pointer une arme sur le garçon, jamais.  Il se redresse et va vers l’extérieur.  Il contemple et ensuite, fait tout autre.  La femme ne le presse pas.  Si elle ose, il ne viendra pas.  Donc elle garde le silence et le laisse agir, ramasser ses choses.  

Lorsqu’il débute sa peinture, elle se déplace lentement pour le rejoindre.  Il est talentueux en peinture comme la conceptrice de poupée l’était avec la porcelaine, le tissu.  Il construit un monde qu’avec quelques crayons et des pigments, elle s’invente une famille au sein de laquelle évoluer.  Ungoliant esquisse un mince sourire en voyant des coussins se dessiner.  Les artistes sont des êtres fragiles et douillets, lors qu’ils ne se complaisent pas dans une inspirante douleur.  Il prend son temps et la trésorière à envie de le secouer, de lui dire de ne pas hésiter.  Ce n’est qu’un petit bateau, il n’a besoin que de flotter.  Mais les artistes ne sont jamais contents.  Ce n’est jamais assez bien.  Ses poupées ont toujours un défaut, il faut toujours s’améliorer, pousser plus loin.  

Elle le laisse aller jusqu’à ce que la satisfaction se soit frayée un chemin jusqu’au creux de son esprit.  Tout comme les poupées, l’oeuvre prend vie.  Une grande embarcation, confortable, spacieuse pour ce qu’y feront Alastaire et Ungoliant.  La femme passe une jambe par-dessus le rebord, puis l’autre et y prend place, une plus petite valise tenant sur ses genoux.  Ce n’est pas elle qui poussera le petit bateau plus loin dans l’eau.  Un geste de main et elle somme à sa poupée vivante d’attraper des rames.  Les dentelles s’agitent et l’objet animé s’exécute.  Ses créations sont faites solides, fortes.  

Ungoliant regarde Alastair, le laisse charger ses choses.  Le laisse pousser l’embarcation à l’eau.  Ses cils battent, elle assise bien droite.  C’est la reine de la chaloupe.  







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Alastair
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Mar 13 Juin - 3:47






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A ton tour, tu montes dans ce bateau que tu as dessiné toi même. Tu angoisses un peu. Tu appréhendes le moment où l’embarcation commencera à brûler. Tu prends ta respiration une fois, puis deux. Tu ordonnes tes pensées. Tu aurais le temps de réagir, tu n’aurais qu’à peindre de nouveau. Tu ne sais pas vraiment si tu en auras la force non plus. Tu ne t’encombres pas de valise comme l’avait fait ton amie. Tu n’as pas besoin de tout ça. Tu ne prends qu’une trousse un peu usée et ton carnet dans le même état.

Tu inhales une dernière fois. Tu regardes le rivage. Tu regardes ce qui est désormais ta maison et bien que tu ne sois pas croyant, tu pries pour que ce ne soit pas la dernière fois. C’est étrange, cette façon dont le feu te fascine, t’inquiète, te perturbe.

Lentement, tu observes la création assise non loin de toi. Si vive. Si vide. Tu te lèves et tu te dis que tout cela est bien grotesque. Toute cette aventure dépends de vos oeuvres. Ta barque, sa poupée. Quelque part, tu as l’impression que les personnages principaux de cette aventure, ceux sur qui tout dépends, ce sont eux. Pas vous. Tu finis par pousser la barque et comme ça, vous perdez tout contact avec la réalité pour vous perdre dans l’immensité du lac.

A cet instant, tu as l’impression que c’est dans ce monde que tu te perds, que tu n’existes plus vraiment. Ton regard glisses sur Ungoliant sans s’y accrocher. Tout se reflète sur l’eau et tu n’est plus bien sur de ce qu’est le haut, le bas. Tu n’as pas vraiment envie de parler mais tu sens que tu n’auras pas trop le choix. Tu ne sais pas trop quoi dire. Tu n’as pas l’habitude. Tu es un peu désemparé. Tu n’aimes pas être aussi perdu. Tu te lances. Tu ne la regarde pas vraiment. Tu laisses ta voix se perdre.

- Alors ?

Tu ne sais pas vraiment ce que tu attends. Tu demandes ça parce que c’est plus simple. Parce que comme ça, tu n’as pas besoin de décider. Simplement, tu engages la conversation et tu laisses tes pensées se perdre à nouveau pendant que tu attends la réponse. Tu as l’impression de trop parler aujourd’hui. Tu laisses ton regard descendre sur les remous que provoquent les rames et tu es, quelque part, fasciné par le calme qui règne.




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Ungoliant
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Dim 18 Juin - 17:47
Le bateau décolle de la rive, doucement, lentement. Mécanique, la poupée fait des mouvements secs, peu fluides, mais qui font bien avancer l'embarcation. Ungoliant ne semble pas gênée par ces mouvements peu naturels, confiante en son oeuvre, peut-être plus qu’Alastair. Elle ne craint pas le feu des créations d’Alastair, elle ne craint pas la demoiselle passive vêtue de dentelle. La trésorière jette un coup d’oeil par-dessus bord, le fond n’est plus visible, il n’y a que la noirceur des eaux. Qui sait ce qui s’y cache ? Pour l’inspiration, le moment, elle glisse le bout de ses doigts parmi les vagues laissées par les coups de rames, avant d’essuyer sa main contre sa longue jupe.

Ungoliant prend sa valise et l’ouvre. Elle en sort un cadavre de petite taille qu’elle attrape avec précaution, mais sans amour. Pas encore. Celui-ci n’a pas de tête et tient mollement. Elle se met à tirer les fils qui tiennent les joints, à serrer, mais pas trop. La trésorière ne s’attend pas vraiment à parler, à communiquer. Elle n’aime pas les petites conversations inutiles. Le ciel est magnifique, j’ai appris qu’il y eut du grabuge à la ville, la capitale pense poser telle action. Cela ne l’intéresse pas, et elle n’est pas l’amie d’Alastair pour cela.

Elle lève ses yeux ambrés sur lui, vers sa voix malaisée.

“Créer quelque chose.”

Une suggestion, un ordre, une question. Elle a l’impression que ce n’est pas la première fois qu’ils se trouvent ainsi, l’un en face de l’autre, sans trop savoir de quoi parler. Elle réfléchit, tout en attrapant une tête de poupée et une paire d’yeux.

“Aurais-tu peur de l’eau ?”

Ce n’est pas un reproche, bien que de sa bouche, cela peut sonner comme une moquerie. Les peurs sont irrationnelles, on ne les contrôle pas. Ungoliant baisse les yeux, pose ceux de sa poupée au creux de ses orbites, s’assurant qu’ils ne louchent pas. Un instant s’écoule, elle lui laisse le temps de répondre. Elle souffle.

“Moi, oui.”
Murmure-t-elle, plus pour elle-même que lui.

Les bandits, les tueurs de Thyos la laissent impassibles, mais les eaux du lac des lucioles suscitent quelque chose chez elle, surtout l’idée d’y être plongée. Manquer d’air, se noyer. Ces événements ne lui paraissent pas si inconnus.







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